Yoga

Oui, le Yoga s’adresse également aux enfants

(Extrait de thèse de fin de formation)

Beaucoup de parents viennent vers moi avec cette question :

Le Yoga peut-il être pratiqué par mon enfant ?

Conscients des bienfaits que leur procure la pratique, ils souhaitent, à juste titre, que leurs enfants puissent en bénéficier également dès le plus jeune âge afin que celle-ci devienne un mode de vie, une boîte à outils pour cheminer sereinement sur la route de l’existence.

En effet, le Yoga est comme le sextant du marin qui cherche son chemin dans l’immensité de l’océan. Plus qu’un but, il constitue une carte pour s’orienter au moyen de la lumière des étoiles. C’est le rôle du professeur de Yoga d’entretenir le feu de ces petites étoiles en créant les conditions d’une pratique bienveillante et libératrice. Le cap suivi par le marin n’est pas le bonheur, ce dernier étant la façon de maintenir ce cap, mais bien l’autonomie, synonyme de Liberté.

L’apprentissage du Yoga par les enfants se doit donc d’être régulier car il suit un cheminement bien précis :

  •  L’apaisement de l’agitation mentale 

Le monde actuel de la surconsommation, du matérialisme, de l’hyper productivité et de la compétitivité à outrance est en contradiction avec la nature profonde de l’enfant qui vient au monde « en état de Yoga », c’est-à-dire, en ayant la capacité de voir la beauté en toute chose et d’expérimenter le moment présent.

Dans le cadre de mon travail, j’ai pu observer à quel point les enfants ont une capacité innée à ressentir de l’empathie pour tout ce qui les entoure, à partager et à s’entre-aider. Malheureusement, ces facultés incroyables sont souvent reléguées au second plan par notre société qui les assimile parfois à une forme de faiblesse. Les enfants doivent très souvent se fondre dans un moule issu de clichés.

Ces schémas constituent une forme de tapage mental incessant. Ce tapage est, malheureusement, bien souvent entretenu par certains médias, les jeux vidéos, la publicité à outrance, etc. Certains enfants expriment même ressentir ce conditionnement dans le milieu scolaire.

Dans un tel univers, dénué de tout sens pour eux et complétement déconnecté du monde réel, l’être résolument bon, spontané et créatif des enfants se voit pressé comme un chiffon mouillé dont on veut extraire toutes les gouttes d’eau. Le tissu créatif des enfants perd toutes les couleurs dont il était imbibé. Pressé et tordu , il ne peut plus rien absorber.

Cette situation créé un réel paradoxe dans l’esprit de l’enfant qui doit renier sa nature profonde et « faire comme », « faire mieux que », « faire plaisir à », « devenir comme », « avoir plus que » etc. Ces phrases deviennent les mantras de l’enfant qu’il ressasse inconsciemment.

J’ai pu observer en parlant avec les enfants que ce paradoxe et ce ressassement sont vécus comme un reniement de personnalité qui créé un stress incommensurable pour les enfants. Une sensation d’incompréhension, de solitude et souvent de rejet de son être profond puisque la société lui indique que cet être est inadéquate.

Lors d’une séance de Yoga, le premier enjeu sera donc de calmer l’agitation mentale et le stress créés par ce paradoxe et les martellements médiatiques et technologiques. Une fois le stress et l’agitation mentale apaisés, il devient possible à l’enfant de focaliser son attention vers sa véritable nature, de « se connecter à sa propre fibre ».

  • La prise de conscience de son corps 

Comme expliqué précédemment, l’enfant est « cérébralisé » et arraché à ses sens pour focaliser son attention sur un travail intellectuel, un support médiatique ou technologique. Le rejet de sa nature profonde, cumulé à ce phénomène de « cérébralisation » causent stress et agitation mentale à l’enfant.

Chez l’adolescent, un phénomène causant la déconnexion au corps vient s’additionner.

En effet, tout autant que la nature profonde des enfants est généralement relégué au second plan, le corps physique est considéré comme un véritable tabou. Ainsi, l’enfant a accès à de nombreux messages selon lequels son corps doit ressembler à un « idéal ». Or l’idéal n’existe que dans l’imagination et n’a, par définition, pas d’existence réelle. Le corps devient une idée et non plus une réalité. Le corps n’est plus le véhicule qui nous permet d’expérimenter mais un objet devant entrer dans un moule, comme l’esprit.

Le résultat de ce tapage mental est que le corps se transforme en objet de dégout puisqu’il ne correspond pas à l’idéal imposé, n’entre pas dans le moule. Ce dégout/ rejet que j’ai trouvé très rarement chez les plus petits a été exprimé de manière presque unanime par tous les adolescents avec lesquels je travaille.

En effet, le regard de l’autre est essentiel pour les adolescents qui se trouvent à un moment de la vie où la création de liens sociaux en dehors du cadre familial est un enjeu vital. Or, la société apprend que le regard doit se porter sur l’enveloppe matérielle, extérieure et non pas sur la substance, la personnalité. Si les jeunes filles abordent le sujet plus facilement, il me semble, j’ai pu constater que les jeunes hommes, eux aussi, souffrent de cette situation de manière silencieuse.

Ainsi, la deuxième mission du professeur de Yoga, est de permettre aux enfants et adolescents de prendre conscience du fait que le corps n’est pas un idéal mais bien une réalité puisque nous en possédons chacun un et que chaque corps est, dès lors, unique. Les exercices de Yoga permettront aux enfants / adolescents de comprendre que leur corps leur permet d’expérimenter la vie et même, parfois, de ressentir des sensations plaisantes (par exemple goûter un bon fruit), d’effectuer des tâches stimulantes (par exemple danser, dessiner) et agréables (par exemple se reposer).

  •  La mise en harmonie de l’esprit et du corps

Une fois les potentialités du corps physique mises en lumière par le Yoga, le rôle du professeur sera de permettre aux jeunes de les expérimenter avec mesure et de mettre en lumière le véritable travail d’équipe qui existe entre le corps et l’esprit.

En effet, la capacité de ressentir un bon goût ne doit pas mener à la déduction qu’il est bon pour le corps de manger des bonbons toute la journée, auquel cas le corps tombera malade. La capacité de ressentir le bien-être procuré par l’inactivité et le repos ne doit pas mener à la conclusion qu’il faut être avachi toute la journée sur le canapé devant la télévision, auquel cas l’esprit s’endort, etc.

Ainsi, une fois l’esprit apaisé, le corps réveillé, il y a lieu de guider les enfants et adolescents vers une forme d’introspection visant au dialogue avec soi-même et à la découverte du lien qui existe entre les pensées et le corps et vice-sera.

  • La reconnaissance et l’acceptation des émotions 

Le troisième grand chantier du professeur de Yoga est d’aider les enfants/ adolescents à reconnaître une émotion, éventuellement à la nommer. En effet, les enfants sont capables d’indiquer précisément où se situe leur émotion, comme s’il s’agissait d’un symptôme d’origine pathologique.

En nommant l’émotion, le « mal » est guéri à moitié car cela permet à l’enfant de « s’auto-rassurer » sur le fait qu’il n’est pas le seul à connaître cette sensation – « puisque des adultes l’ont nommé » et donc de se sentir compris. Comme toute pathologie, l’émotion est alors perçue comme involontaire. L’enfant trouve l’apaisement dans l’idée que « ce n’est pas de sa faute ». Le fait de savoir que l’on est finalement « dans la norme » est très réconfortant dans un premier temps. Bien sûr, il ne s’agit que d’une étape transitoire, l’objectif étant de s’affranchir de ces normes extérieures pour apprendre à gérer le phénomène par soi-même, en pleine conscience.

Il s’agit, ensuite, de faire expérimenter aux enfants d’autres sortes d’émotions, non pas inhibitrices, comme la peur, l’angoisse, la honte, etc., mais, au contraire, libératrices, comme la joie, l’hilarité, le contentement. Ainsi, les enfants découvrent qu’émotion ne rime pas uniquement avec douleur/ inconfort mais également avec bien-être et satisfaction.

La dernière étape consiste, enfin, à se jouer de ses émotions et donc de prendre du recul par rapport à elles en expliquant aux enfants que l’émotion ne détermine pas leur nature profonde, ne les définit pas. D’une manière générale, réussir à jouer avec un certain objet permet d’en assurer la connaissance puis la maîtrise. Jouer avec les émotions permet aux enfants de les personnifier, de les désacraliser, tout simplement, de ne plus les craindre comme on craint l’inconnu.

  •  La libération de la créativité

Le travail sur les émotions permet aux enfants de comprendre que le monde est finalement complexe et composé d’éléments différents et de perceptions différentes et que ces différences font de chacun de nous un être unique.

Le rôle du professeur de Yoga est alors de prêter ses lunettes aux enfants pour qu’ils puissent, peut-être, y voir que c’est précisément dans ces différences que se trouve la beauté. Il existe différentes essences d’arbres, sortes de fleurs et espèces d’animaux. La nature est très créative et les enfants sont souvent réceptifs à ce parallélisme. Si tous les arbres étaient similaires, toutes les fleurs identiques, qu’il n’y avait que des lapins (que j’adore pourtant) : le monde serait bien ennuyeux et sans surprise. Ce qui rend la nature si belle est sa créativité, autrement dit, la cohabitation harmonieuse des différents éléments qui la composent et sa capacité à l’exprimer.

  •  La prise de confiance en soi 

Ainsi, la créativité et l’originalité sont vécues comme des forces et non plus comme des faiblesses qu’il faut absolument cacher. Les enfants sont encouragés à écouter d’avantage leur « intelligence émotionnelle », leur créativité et à l’expérimenter, l’exprimer.

A ce stade, il est marquant de voir à quel point les enfants développent beaucoup de confiance en eux et s’affirment avec fierté, tout en sachant reconnaître les qualités d’autrui.

Mon professeur de Yoga nous a souvent parlé d’une image très connue :

Demandez au poisson de grimper un arbre il sera toujours en échec. Demandez-lui de nager il sera le premier.

Lorsque les enfants sont encouragés à découvrir leurs talents, à affirmer leurs préférences et à les expérimenter, ils deviennent comme ce petit poisson qui se trouve enfin dans son véritable élément.

  •  L’autonomie 

Finalement, il me semble qu’après avoir franchi toutes ces étapes à la découverte de soi-même, l’étape ultime du cheminement est de développer son autonomie qui, au fil des expériences et de l’avancée en âge se transformera en Liberté.

Cette autonomie se traduit, pour les enfants, par la capacité à gérer ses émotions, déterminer ses préférences et affirmer ses choix indépendamment de l’environnement et sans craindre le jugement d’autrui.

 ***

Je propose un cours de Yoga enfants tous les samedis de 14.00h à 15.00h (pour plus d’informations cliquez ici).

Lors de ce cours, les activités proposées aux enfants leur permettent de découvrir leur propre potentiel et de l’expérimenter au travers du jeu et de l’expression artistique.

La méditation en pleine conscience est progressivement introduite grace à des méthodes adaptées aux plus petits. 

Chaque activité intègre les outils du Yoga, autrement appelés « Yama » et « Niyama »  : 

  • Ahimsa – la non-violence
  • Satya – l’être vrai 
  • Asteya – l’hônneteté
  • Bramacharya – la modération 
  • Aparigraha – le partage
  • Saucha – le prendre soin 
  • Samtosa – le contentement 
  •  Tapas – la persévérance 
  • Svadhyaya – l’apprentissage
  • Isvara pranidhana – la foi en Soi

Les cours se veulent ludiques et emprunts de bienveillance. Ils sont une véritable parenthèse de bien être pour les enfants/ adolescents et portent bien souvent leurs fruits au-delà des murs du studio. 

N’hésitez pas à me contacter directement pour plus de renseignements ou à venir nous rendre visite pour un cours d’essai. 

Namasté  

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